L’histoire de Carnoux et ses origines :

Pour le non-initié découvrant Carnoux, la question qui se pose est de savoir comment cette cité moderne a été bâtie et quelles ont été les principales phases de son développement.

Nous sommes le 02 mars 1956 : jour de l’indépendance du Maroc. Beaucoup de Français y résidant envisagent, de ce fait de regagner la Métropole. Un groupe se constitue à Casablanca et part à la recherche d’un coin de France susceptible de les accueillir.

Finalement, c’est en Provence qu’ils décident de s’installer et procèdent à l’achat des domaines du Mussuguet et de Carnoux situé à cheval, sur les communes d’Aubagne et de Roquefort-la-Bédoule.

Les cinq responsables effectuent les premiers versements de leurs deniers personnels et se porte caution conjointement et solidairement afin de permettre la réalisation de l’opération.

D’une superficie approximative de 300 hectares, ces terres firent plus ou moins partie, du XIIe au XVIIe siècle, de la propriété des Templiers, puis des Hospitaliers dont la commanderie était implantée à Carpiagne.

En 1957 cependant, au moment de leur acquisition, ces bien englobés dans une garrigue provençale aride, partiellement boisée, ne comportaient, en tout et pour tout, qu’une ancienne Bâtisse du XVIIIe siècle construite dans le vallon de Carnoux. Jadis demeure des Clermont-Tonnerre, elle devient, par la suite, un relais de diligences sur le chemin caillouteux reliant Aubagne à Cassis, cité à différentes reprises par Marcel Pagnol dans ses récits. Il faut donc, pour ces défricheurs intrépides, tout prévoir et construire un plan de lotissement, avec des routes d’accès, des rues, des habitations, une adduction d’eau, un réseau d’électricité, un collecteur des eaux usées, etc...

Mais s’inspirant de l’exemple du Maréchal Lyautey, de son esprit d’entreprise, de son intrépidité et de ses réalisations hardies, ces Français du MAROC se mettent à l’ouvrage.
La véritable épopée de Carnoux commence et apparaît, à certains comme utopique.

« Comment ! s’écrie t-on a Marseille, ces Marocains espèrent construire une ville là ou il n’y a pas d’eau ? Comment feront-ils les kilomètres d’égouts nécessaires ? Non voyez-vous ils sont fadas ».

Il faut signaler ici l’heureuse rencontre parmi ces Marocains, de trois techniciens, aux connaissances hautement complémentaires, qui imaginèrent le principe de l’alimentation en eau, condition déterminante pour la réalisation du projet.
Sans aucune aide financière, en fonceurs audacieux, groupés au sein de la coopérative immobilière française la CIF qui n’avaient même pas la qualité de promoteurs, ils réalisent, avec un courage extraordinaire, la majeure partie de l’infrastructure actuelle, permettant ainsi à leur compatriotes du Maroc de venir s’installer ici, dans des conditions normales.

Ainsi toutes les dépenses engagées pour l’achat des terrains et les sommes consacrées aux travaux d’équipement en voirie, eau, électricité, égouts….Furent supportées par les actionnaires de la coopérative immobilière française ayant acheté un lot de terrain, en plus évidemment des frais de construction de leur habitation. Jusqu’à la création de la Commune, Carnoux a donc été entièrement réalisé par la C.I.F, c'est-à-dire par les Carnussiens eux-mêmes sans aucune aide de l’Etat.

Erection en Commune

Le groupe d’habitations créé à partir de 1958, alors qu’il dépendait des communes d’Aubagne et de Roquefort-la-Bédoule, fut érigé en commune indépendante par décret du 26 août 1966, et constitue un fait unique dans les annales des Municipalités de France. La première Municipalité a été installée en janvier 1967.

A cette occasion, les communes d’Aubagne et de Roquefort-la-Bédoule s’amputaient, chacune et respectivement, de 25 et 85 hectares, pour en faire don à la nouvelle Municipalité de Carnoux, dont la superficie s’élève dès lors à environ 400 hectares. Ce qui frappe en effet le nouvel arrivant, c’est l’apparition subite, dans un vallon très méditerranéen , d’un site à l’architecture africaine, donnant à l’ensemble du décor une surprenante originalité.

Réalisées selon un projet conçu et suivi par Mrs Rozan et Faure Ladreyt, architectes à Marseille à partir du plan d’urbanisme de M Weill, adapté au cadre naturel, les constructions se développent sur trois kilomètres, au long des Pentes du thalweg s’étirant du Pont des barles à l’embranchement de la route de Carpiagne.

Sur un plan technique, il faut signaler l’extrême rigueur imposée lors de l’établissement des projets, pour sauvegarder le respect des volumes autorisés, l’ordonnancement architectural adopté et l’implantation précise des édifices strictement conformes aux normes prescrites en vue d’obtenir l’ensemble harmonieux qui s’en dégage.